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A propos

A propos

Pendant longtemps, l’homme a utilisé les ressources naturelles sans penser aux conséquences : selon le rapport « Planète vivante », 75% de la surface terrestre libre de glace a déjà été considérablement altérée, la plupart des océans sont pollués, les zones humides ont perdu plus de 85 % de leur superficie depuis le début du XVIIIe siècle, des millions de kilomètres de rivières ont été modifiés par l’homme.

La biodiversité est en déclin, des espèces animales et végétales rares disparaissent, laissant la place à l’homme : leurs habitats sont détruits, ils sont menacés par le braconnage et le trafic illégal. À ces menaces s’ajoute aujourd’hui le changement climatique, qui touche en premier lieu les animaux des régions polaires : ours blancs, rennes. L’empreinte écologique mondiale de l’humanité s’accroît inexorablement : les experts estiment que pour assurer la consommation il nous faudrait actuellement plus d’une planète et demie.

Cependant, le développement de la civilisation est inéluctable et notre espoir d’un avenir prospère réside dans le changement de notre attitude à l’égard de la gestion économique et de la structure de l’économie mondiale, dans l’utilisation du progrès technologique au profit de la nature et non pas à son détriment et, enfin, dans une implication poussée de chacun dans la protection de l’environnement.

Il est important de comprendre : quel que soit le stade du développement de l’économie, qu’elle soit en plein essor, en crise ou en quête de stabilité, le meilleur moment pour s’occuper de l’environnement, c’est maintenant. Maintenant ou jamais.

Mikhaïl Babenko,
directeur du programme « Économie verte » du WWF-Russie
et responsable du projet « People for Nature ».

Art écologique

L’art écologique réunit aujourd’hui une grande diversité de pratiques recouvrant les champs esthétiques et scientifiques, mais aussi le domaine politique et social.

La conscience environnementale existe depuis toujours, et sous diverses formes. L’homme a toujours entretenu une relation étroite avec la nature. Au XIXe siècle, dans le contexte de la révolution industrielle, la conscience environnementale collective naît comme une forme d’opposition culturelle et intellectuelle. La sensibilisation aux questions environnementales augmente au XXe siècle quand la surproduction et la société de consommation deviennent la norme conduisant à une surexploitation systématique des ressources.

Depuis la seconde moitié du XXe siècle, presque tous les domaines de la création en Occident sont concernés par les questions environnementales, en réponse à une destruction méthodique de l’environnement. La sculpture d’Isamu Noguchi « Cette Terre torturée » (1943, New York) est considérée comme la première œuvre de l’art écologique. Des recherches dans ce domaine apparaissent à partir des années 1970, mais ce n’est qu’au XXIe siècle que l’art écologique devient un courant à part entière au sein de l’art contemporain.

Dans l’art écologique, on distingue trois types de pratiques : la documentation, l’action sociale et politique, et la recherche art&science.

Les œuvres relevant du premier type témoignent des manifestations de la crise écologique, de l’épuisement des ressources, de la dégradation et de la destruction des écosystèmes et de leurs conséquences pour la société. Cette approche couvre un large éventail de pratiques documentaires : observation, expérience, recherche sur le terrain.

L’art qui agit sur les systèmes qui sont à la base de la crise écologique tente de les transformer par une action artistique de nature politique et sociale : décolonisation, sculpture sociale, actions locales et globales, intervention dans les systèmes juridiques en vue de faire reconnaître les droits ou les crimes environnementaux. .

La recherche appliquée art&science vise directement à préserver et à restaurer les écosystèmes. Cet art repose sur des principes de travail tels que l’économie de moyens, l’utilisation des matériaux à faible impact environnemental, la mise au point de nouveaux matériaux, et la restauration du milieu naturel. Il agit sur la protection et la restauration des espèces, la réhabilitation des paysages, ou encore sur la régénération du potentiel des zones abandonnées. Dans ce domaine, on observe une coopération intense et productive entre les artistes et les laboratoires scientifiques.

Ainsi l’art écologique rétablit le lien avec la nature et développe le dialogue inter-espèce à un niveau supérieur. Inclusif de par sa nature, il est en interaction constante avec la société civile, la science, le système éducatif, les organisations de protection de la nature. L’art est l’un des moyens de protéger la liberté et la beauté du monde si nous voulons qu’il continue à exister.

Olga Kisseleva,
Directrice de l’Institut international de Science et d’Art,
Professeur d’art écologique,
La Sorbonne