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Langage d’oiseaux, 2019

#La biodiversitéLes nouvelles technologies

Vidéo, 2 min 44 sec

Ce projet a été réalisé avec le soutien du Musée d’art contemporain «Garage» (Moscou).

Participants :
Veronika Samotskaïa, ornithologue, biologiste, vulgarisatrice scientifique, journaliste
Natalia Soboleva, experte en Intelligence Artificielle (IA)
Konstantin Yakovlev, docteur en physique et en mathématique, expert en IA

Nikita Proudnikov, musicien, développeur, expert en IA
Le projet s’inspire des idées de Noam Chomsky sur les structures linguistiques innées – une grammaire universelle propre à la fois au langage humain et à des systèmes de signes des animaux et des oiseaux – et explore les possibilités de l’intelligence artificielle dans le contexte de la biosémiotique. L’expérience de l’apprentissage automatique et du texte montre que l’IA capture cette grammaire universelle en extrayant statistiquement des modèles de langage. C’est pourquoi, dans le cas du langage d’oiseaux l’apprentissage automatique peut distinguer une sorte de « morphèmes des oiseaux », c’est-à-dire des éléments et des formes sémantiques d’un énoncé. L’intelligence artificielle recherche des invariants dans les sons des oiseaux pour construire un modèle mathématique de la grammaire universelle du langage d’oiseaux.

Dans la première phase du projet, le réseau neuronal apprenait aux sons du chant du rossignol, démontrant la situation de communication entre deux agents non humains : les oiseaux et l’intelligence artificielle. C’est une métaphore de la communication entre le naturel et le technologique, pour laquelle l’homme représente quelque chose de facultatif. La deuxième étape du projet consistait à créer, à la base de l’apprentissage automatique, un système de traduction depuis le langage d’oiseaux vers le langage humain. Le travail a commencé avec, comme l’objet d’étude, la mésange charbonnière, une des espèces les plus répandues en Europe et en Asie. Une deuxième approche d’apprentissage automatique est développée actuellement qui permet de reconnaître les clusters. Ces derniers révèlent la structure du langage qui permet de décomposer le langage de l’oiseau en une série de phonèmes qui peuvent être utilisés pour créer un traducteur IA pour la communication inter-espèces. Dans ce cas, l’IA n’est pas uniquement un intermédiaire entre l’homme et l’oiseau, mais plutôt un organe ou un partenaire à part entière, sémiotiquement actif. Cela permet de comprendre la subjectivité de l’oiseau à travers le langage.

Elena Nikonole

Elena Nikonole

Elena Nikonole (Moscow) is a new media artist, curator and educator, whose field of interests embraces hybrid art, the new aesthetics, the internet of things and artificial intelligence. In her works she explores technology’s potential opportunities, as well as potential risks and dangers which te…